Après des heures de route cabossée dans le minibus, une panne d’essence en pleine nuit dans la brousse, plusieurs heures encore de moto (à 3 adultes sur la même moto !), nous atteignons enfin un village Tamberma.
On nous fait asseoir sur un banc en attendant le chef du village pour négocier notre « gîte et couvert ».
Le temps que le chef rentre il fait nuit noire. Il négocie dans sa langue avec notre chauffeur de moto. A priori ils se sont arrangés sur le tarif et le jour pour nous récupérer.
On nous tend une assiette. Dans le noir nous mettons les mains dans l’assiette en essayant de deviner ce qu’on vient de nous servir. (Pour ceux qui me connaissent voilà d’où me vient ma lubie des repas à l’aveugle haha). Cela semble être de la semoule et peut-être des légumes… c’est du couscous, froid, mais vu l’heure et la journée passée sur la route on dévore notre assiette.

Une femme nous conduit au sommet d’une petite maison en terre, typique des Tamberma. La maison de la femme du chef apparemment. Elle nous installe deux nattes en plastique au sol et nous dit « bonne nuit ».
Ok, nuit en plein air, avec des milliers d’étoiles, le souffle du bétail pas très loin et des centaines de moustiques qui nous attaquent toute la nuit !
(Pour ceux qui connaissent Benoit, vous savez qu’il regrettera plus tard de ne pas avoir bien pris son traitement anti-palu…)

Nous apprenons beaucoup de choses sur les croyances vaudou. La place des anciens et des ancêtres est très importante. Devant chaque maison Tamberma il y a de grands monticules de terre représentant chaque ancêtre décédé, pour qu’ils veillent sur la maison.

Ils ont peur de l’eau (et souvent le châtiment pour un voleur ou autre est la noyade), les jumeaux, les albinos sont de mauvais présages, de même qu’un enfant handicapé ou tout un tas de choses qui justifient des assassinats malheureusement ou de l’exclusion au mieux (une femme qui n’a pas voulu tuer ses jumeaux se retrouve exclue du village).

Dans le village voisin nous rencontrons un chaman (ou charlatan). Un homme est grièvement blessé à la jambe suite à une chute en moto. Pour se faire soigner il offre un poulet et des cigarettes au chaman qui lui met une sorte de baume aux plantes et enfume la jambe… Attention, je précise que je ne critique pas du tout ce genre de croyances et que je pense que certaines plantes peuvent faire du bien en effet, néanmoins dans le cas de ce monsieur nous lui avons payé un taxi pour qu’il puisse se rendre au dispensaire le plus proche et faire soigner sa jambe qui commençait à gangrener. Le vaudou, comme toutes croyances, a ses limites.

Le mode de vie des Tamberma est si éloigné du nôtre que j’en reste bouche-bée toute la journée ! Nous faisons une petite randonnée pour surplomber le village. Ces petites maisons de terre au milieu de la brousse verdoyante nous offrent un paysage magique ! Nous entrons aussi au coeur d’un baobab géant et les villageois sont ravis de faire quelques photos souvenirs et de recevoir les cadeaux que nous avons apporté. Avant le départ dans la brousse, le guide nous a demandé de prévoir des stylos, du savon ou des vêtements pour offrir aux villageois, il se charge de les donner au chef qui distribue.

En rentrant à Lomé nous visitons le Marché aux fétiches. Il ne faut pas être trop sensible… des centaines de morceaux d’animaux servant à faire des préparations y sont étalées : patte de gorille, trompe d’éléphant, peau de serpent, insectes en tous genres, différents bois et plantes séchées, etc.

Je garde un souvenir mémorable de ce séjour au Togo, malgré la pauvreté, les différences de croyances et le peu de développement touristique du pays. Les quelques jours passés chez les Tamberma notamment ont été parmi mes plus beaux souvenirs de voyage !